Blessé par les talibans en 2008

Mahamoudou, survivant de l’embuscade d’Uzbin, témoigne

Publié il y a 21 heures / Actualisé il y a 17 heures

Une nouvelle course obstacles, la Mud Run 2e Para, se tient ce samedi 23 juin, à la caserne Dupuis, à Pierrefonds. L’objectif : collecter des fonds pour les blessés de l’armée de Terre. Comme Mahamoudou, 37 ans. Militaire parachutiste, cet homme originaire de Mayotte est installé au 2e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) de Pierrefonds depuis 2015. Blessé au bras en août 2008, alors qu’il était en mission extérieure en Afghanistan, il a accepté de nous raconter son histoire. A une seule condition : que son nom de famille ne soit pas dévoilé.

Avant d’arriver à La Réunion, Mahamoudou a séjourné au 8e RPIMa de Castres, puis au 3e RPIMa de Carcassonne. Lui qui a embrassé la carrière de militaire il y a 17 ans, a vu sa vie prendre un nouveau tournant le 18 août 2008.

“J’ai pris une balle dans le bras”

Parti en mission en Afghanistan avec son régiment de Castres, il s’est retrouvé blessé par “l’ennemi : les talibans”. “C’était dans la vallée d’Uzbin se souvient Mahamoudou. C’était dans une embuscade. Il y a eu une dizaine de militaires morts et pas mal de blessés. J’ai pris une balle dans le bras”. 

Il continue : “il était prévu qu’on parte pour six mois. C’était une mission de reconnaissance simple et puis c’est arrivé. On était en patrouille, en train de monter une colline, ils ont entendu qu’on était en haut et ils nous ont tiré dessus. C’est l’embuscade d’Uzbin”.  

“Quand on est blessé on ne voit pas la notion du temps”

L’attaque a commencé en début d’après-midi et ne s’est terminé qu’au milieu de la nuit. “Quand on est blessé, on ne voit pas la notion du temps. On a l’impression d’être dans un autre univers. On perd du sang et nos moyens. On croit que ça dure une éternité” confie Mahamoudou. 

Blessé aux alentours de 16h45, ce parachutiste a été secouru à 23h : “J’ai été évacué par hélicoptère pour être amené à l’hôpital de Kaboul. Ils ont fait les premières opérations sur place. Le lendemain j’ai été rapatrié par un avion médicalisé à Paris”. Accueilli à l’hôpital d’instruction des armées Begin, Mahamoudou y est resté durant vingt jours. 

7 ans de rééducation

Il a subi plusieurs opérations : “j’avais l’humérus complètement écrabouillé donc j’ai eu droit à des greffes sur le bras pour lui donner une nouvelle vie”. Marié et père d’un enfant il n’a pas pu recevoir la visite de sa femme car elle était enceinte de six mois. De 2008 à 2015, Mahamoudou a du subir des séances de rééducation pour que son bras retrouve sa motricité. “J’ai eu le nerf radial sectionné. Les spécialistes m’ont fait une greffe en récupérant un nerf sur le pied droit mais la greffe a mis presque deux ans et demi avant de prendre. Du coup j’ai vécu avec un fixateur externe en attendant que la greffe prenne comme il faut” explique le trentenaire. 

Ce n’est qu’au bout de deux ans et demi que son bras a pu retrouver un peu de motricité. Ce qui n’a pas empêcher Mahamoudou de vouloir reprendre sa carrière. Et ce, dès 2009. “Mais je ne pouvais pas conduire alors c’était un petit peu galère raconte-t-il. J’ai demandé une mutation à Carcassonne car j’habitais à Narbonne. J’ai repris le travail dès juin 2010”. 

“Chaque personne est différente mais moi, dans mon cas, j’ai vu qu’en restant trop longtemps chez soi sans rien faire, on tourne autour du pot et on n’avance pas plus. J’ai avancé à partir du moment où je suis revenu dans le milieu”. Selon lui, le sport l’a aussi beaucoup aidé. 

“Qui va vouloir de moi?”

Une autre carrière? Mahamoudou ne l’a jamais envisagé. Il explique : “Moi, je suis militaire. C’est mon métier. Quand j’ai été blessé je me suis dit : maintenant que je suis devenu handicapé, qui va vouloir de moi?”. En revanche, pour lui, retourner sur le terrain n’était pas envisageable. “Il faut le temps de se réparer. On n’est blessé, alors même si le cerveau veut retourner sur le terrain, le corps ne peut pas. Il est tellement abîmé qu’il n’y a pas le choix”. 

“Je suis marqué dans ma chaire”

Encore soutenu par des psychologues et psychiatres aujourd’hui, Mahamoudou n’a jamais oublié ce qu’il a subi : “Je suis marqué dans ma chaire. Je vis avec tous les jours. Je ne peux pas oublier complètement car ce serait me mentir à moi-même”. D’ailleurs, selon le climat, sa blessure est plus ou moins capricieuse

“Je me suis engagé dans les parachutistes, qui est un corps d’élite. Et chez les parachutistes, on est habitué à voir des collègues blessés. Donc on envisage que ce genre d’évènements peut nous arriver à nous (…) C’est la vie d’un militaire, il peut se blesser ou mourir d’un jour à l’autre” explique le militaire qui ajoute : “ma famille l’a compris facilement, mais l’accepter, c’est autre chose”. 

Mud Run 2e Para : une première

Cet été, Mahamoudou quitte La Réunion pour être muté en métropole, à Carcassonne. Avant son départ, il compte bien participer à la Mud Run 2e Para. Une première organisé ici, sur le territoire réunionnais. L’adjudant chef, responsable des sports au 2e RPIMa, explique : “c’est une course obstacles pour marquer le coup pour le 23 juin, jour national des blessés de l’armée de Terre. C’est une course ouverte au public, un enchainement de différents obstacles qui allie force, justesse et vitesse (…)”.

Les fonds seront reversés à la Cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre (CABAT). Une Cellule qui a pour mission de soutenir les blessés et les familles dans leur réadaptation sociale et professionnelle.
En parallèle de la course, des animations seront proposées sur le stade de la caserne Dupuis, notamment des sauts en parachute, des démonstrations cynotechniques ou encore du sauvetage au combat.
Pour rappel, le 2e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine, basé à Pierrefonds (Saint-Pierre), est le seul régiment parachutiste d’Outre-mer immédiatement projetable dans la zone sud de l’océan Indien et constitue la composante Terre des Forces armées dans la zone sud de l’Océan Indien (FAZSOI).

 

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