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A Thomas GEFFROY

Parachutiste et pilote d’hélicoptère même combat : Servir la France

BP : 20 050 – UNP : 33399

Les obsèques du capitaine (er) Thomas GEFFROY, se sont déroulées le jeudi 30 septembre en l’église de Lanmeur. (Secteur de Morlaix)

20 drapeaux présents, une bonne trentaine de bérets de la section UNP du Finistère, et quelques amis de l’ALAT se rassemblent sur le parvis de l’église. A noter la présence du délégué régional de l’UNP Pierre Mazé ainsi que du délégué régional de l’amicale du 1er RCP, Pascal Durox. Une délégation de la gendarmerie de Plourin les Morlaix s’associe à cet hommage. Merci à eux.

A l’arrivée du fourgon funéraire, le maître de cérémonie fait revêtir le cercueil du drap mortuaire spécifique à la section. Le brevet parachutiste brodé sur ce drap, amplifie l’appartenance de Thomas à cette communauté : celle des parachutistes.

A 14H30 précise, l’assistance s’engouffre dans l’église. Derrière le cercueil, les petit-enfants de Thomas, Erwann et Guillaume, portent les coussins sur lesquels reposent sa cravate de la Légion d’Honneur et toutes ses médailles. Yvonne son épouse dans sa chaise roulante suit le cortège, derrière elle ses deux filles, Claire et Joëlle ainsi que quelques membres de la famille. Enfin les adhérents de la section UNP du Finistère et leurs Frères d’Armes de l’ALAT ferment la marche.

Durant la messe de funérailles, le président de la section retrace le parcours militaire de Thomas, et Rémy, président d’honneur, présente et lit la Prière des Parachutistes.

A la sortie de l’église, sous l’impulsion de Christian, le maître de cérémonie, drapeaux et membres de la section rejoignent leurs emplacements.

Comme pour son ami Marcel Clédic, décédé en janvier 2021, le 1er Régiment de Chasseurs de Parachutistes a détaché un piquet d’honneur. Cette présence d’hommes en arme démontre une nouvelle fois, que la reconnaissance et le devoir de mémoire n’est pas un vain mot, pour ce grand et beau régiment.

Les 20 drapeaux s’inclinent devant le cercueil, les parachutistes sont au  » présentez-armes  » le carré regroupant les bérets et les gendarmes saluent une dernière fois le capitaine GEFFROY.

Le biniou de notre ami Jean-Noël, entame un  » Amazing Grace  » toujours aussi poignant. Conformément au souhait de notre camarade Thomas, c’est à gorge déployée que la quarantaine de parachutistes présents entonnent un chant bien connu chez les troupes aéroportées  » Debout les Paras « 

Il est temps de séparer, merci à tous ceux qui par leur présence ont voulu rendre hommage à leur ami Thomas et soutenir son épouse et toute sa famille. 

Ils étaient présents pour accompagner leur ami Thomas

Thomas avec la section UNP 290

La carrière de Thomas

Photos en copyright appartenant à la famille Geffroy qui a donnée l’autorisation à UNP 290 de les publier pour retracer la carrière de Thomas.

La résistance

L’Indochine

L’Algérie & Dax

Éloges Funèbres prononcées par le Président Départemental  de L’UNP Finistère

Mon Capitaine, cher Thomas vous avez effectué votre dernier saut le 27 septembre. Il me revient le devoir et l’honneur de rendre hommage au parachutiste et au pilote d’hélicoptère que vous avez été et que vous restez dans nos cœurs. Vos frères d’armes présents autour de vous, mais aussi ceux qui n’ont pu venir vous entourer de leur affection et de leur reconnaissance ont, en ce moment même une pensée pour vous et les vôtres. 

Votre épouse Yvonne, vos enfants Claire et Joëlle, vos petits-enfants Erwann, Katia, Guillaume et toute votre famille au chagrin qui est aujourd’hui le vôtre, de voir partir un père, un grand-père, se mêle la peine de ses frères d’armes.

 Nous sommes venus pour vous entourer dans votre épreuve et pour témoigner l’affection que nous portions à notre ami Thomas, et pour tenter de partager votre peine et vous souhaiter d’avoir la force d’âme pour affronter cette cruelle épreuve

Cher Thomas, c’est avec beaucoup d’émotion, de respect et d’amitié que je m’adresse à vous, une dernière fois sur cette terre, sous la protection de Sainte Clotilde et avant que l’archange Saint Michel, patron des parachutistes, vous emporte sous ses ailes.

Né le 19 décembre 1927 à Plouégat-Guérrand, vous n’avez pas quinze ans (1942) lorsque vous rentrez à l’Ecole des Pupilles de la Marine alors basée à St Mandrier près de Toulon. Deux ans plus tard en juin 1944 vous rejoignez le Bataillon FFI du maquis du Lot où vous êtes intégré au sein du 2° Régiment d’Infanterie.

Vous participez à la Libération de la ville de Cahors et de Toulouse. Puis vous vous engagez pour la durée de la guerre en octobre 1944 avec la ferme volonté de libérer la France. En avril 1945 lors des combats pour la réduction de la poche allemande de la Pointe de Grave vous serez blessé par balle. Suite à la dissolution du 8° R.I , vous voilà affecté au 41° R.I et vous partirez avec votre régiment à Kembs en Allemagne durant près quatre mois  jusqu’en février 1946.

Vous vous portez volontaire pour continuer vos services au sein du Corps Français Expéditionnaire en Extrême Orient. Vous signerez un nouveau contrat de trois ans puis vous êtes mis en route sur le camp de Pujet sur Argens, dans le Var, camp de regroupement pour toutes les Troupes en partance pour l’Indochine.

Volontaire pour servir à la 25ème Division Aéroportée, vous embarquez à Marseille le 23 avril 1946 sur le  » Marigot  » pour rejoindre Sétif en Algérie. Vous êtes affecté au 2ème Régiment de Chasseurs Parachutistes à compter d’avril 1946, puis incorporé à la 5ème Compagnie du 1B/2° R.C.P à Guelma. Désormais votre quotidien sera de subir un entraînement physique intensif afin d’être parmi les meilleurs. Les résultats sont là, vous êtes nommé caporal en octobre 1946. Suite à la dissolution du 2ème R.C.P nouvelle affectation au 1er Régiment de Choc et vous vous appliquerez à respecter la devise de votre nouveau Régiment  » En pointe toujours « .

Le départ pour l’Indochine approche, nouvelle affectation pour vous, le Bataillon de Renfort Parachutiste c’est à dire le 3/1° R.C.P à la 12° Compagnie. C’est enfin le départ pour la grande aventure qui vous attend. Le 23 décembre 1946 vous embarquez avec votre bataillon sur le croiseur  » Duquesne » pour rejoindre dans un premier temps Saïgon, puis Haïphong dans le nord Vietnam en janvier 1947.

A peine installé, vous partez en stage de saut à Hanoï, pour être breveté parachutiste le 11 avril 1947 le numéro de votre brevet 20 050.

Vous effectuerez votre premier saut opérationnel le 27 juin 1947 à Uc-Ly dans le Tonkin. Nommé caporal-chef le 01 octobre 1947 vous effectuez votre deuxième saut opérationnel lors d’une opération à Cho-Don.

Votre bataillon est rapatrié sur la Métropole à bord du  » Pasteur  » le 02 juin 1948. Vous serez nommé sergent, deux citations et la médaille de la Croix de guerre des Théâtres Opérations Extérieures viendront récompenser votre excellente manière de servir. Ainsi s’achève votre séjour en Indochine.

Le 15 octobre 1954 à 26 ans, Thomas vous vous engagez dans un troisième grand conflit, la guerre d’Algérie. En 1957, vous changez d’orientation à votre carrière, vous quittez les parachutistes pour devenir pilote d’hélicoptère avec le grade d’adjudant-chef. Vous obtiendrez votre brevet pilote d’hélicoptère sur  » Bell » en 1957, puis sur Sikorsky  » en 1959 et enfin sur  » Vertol » surnommé la banane en 1960 avec la qualification Vol Sans Visibilité en 1961.  C’est ainsi que pendant quatre années jusqu’au cessez-le-feu de Mars 1962, vous aurez très souvent l’occasion d’héliporter en opération vos anciens camarades du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes. Vous serez cité à nouveau à quatre reprises et décoré de la Croix de la Valeur Militaire. Vous rentrez en France et vous affecté à la Base-École de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre à Dax où vous passez la qualification de moniteur pilote hélicoptère et promu au grade de sous-lieutenant, vous deviendrez ainsi

officier instructeur durant neuf années. De nombreux élèves pilotes se souviennent encore de vos cours magistraux, votre but faire d’eux d’excellents pilotes d’hélicoptère très à l’aise aux commandes de leur appareil.

Vous quittez l’armée en 1977 avec le grade de capitaine.

Décoré de la Médaille Militaire et Chevalier dans l’Ordre National du Mérite, en 2013 votre camarade Marcel Clédic vous remettait la Cravate de Commandeur de la Légion d’Honneur à Pamiers devant le drapeau et les parachutistes du 1er R.C.P.

Bien qu’ayant effectué 33 années de service au titre de l’Infanterie Métropolitaine vous serez décoré de deux médailles plutôt rares dans cette arme.

La première la médaille aéronautique pour vos 93 sauts en parachute mais aussi et surtout pour tes 6000 heures de vol comme pilote hélicoptère

Enfin la deuxième la Médaille d’Honneur du Service de Santé des Armées pour avoir durant la guerre d’Algérie, évacué en hélicoptère cargo 166 blessés en 115 évacuations sanitaires dont 28 de nuit. Votre force c’est cette simplicité que vous avez su garder malgré votre passé très glorieux. Vous preniez plaisir certes à retrouver vos anciens camarades avec qui vous aviez combattus, mais aussi à communiquer avec les plus jeunes d’entre-nous.

Votre gentillesse, votre empathie, faisaient indéniablement de vous, cet homme de cœur que nous avons eu le plaisir de connaître et de côtoyer. Votre présence assidue aux principales manifestations patriotiques étaient un encouragement pour nous Tous.

Vous faîtes vraiment partie de la race des Seigneurs, car dès votre adolescence vous avait fait le choix de vous battre pour votre pays.

J’adresse à votre épouse Yvonne, à vos filles Claire et Joëlle, à vos petits-enfants Erwann, Katia, Guillaume, et à tous les membres de votre famille, en mon nom personnel, et en celui de toutes les associations présentes ( ALAT – TDM – UNC- Résistance ) nos plus vives et sincères condoléances.

Il me faut maintenant, au nom de tous vous dire ADIEU

Sans désespérance, avec foi et amitié

Que Sainte Clotilde et Saint-Michel vous accueillent auprès d’eux, sur la piste sans fin et vous réservent une place privilégiée au paradis des parachutistes

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