Militaire au «8» depuis 2 ans, Mathurin Ligot vient de recevoir les félicitations appuyées du maire d'Avranches sa commune d'origine. Lors d'une permission, Mathurin a réussi à maîtriser un forcené auteur d'une double agression.
Le première classe Mathurin Ligot se souviendra longtemps de sa permission de mars 2013 comme de l'anniversaire de l'un de ses meilleurs potes ! Alors qu'il se trouvait en son «pays» d'origine, la Manche, Mathurin a dû maîtriser un fou furieux qui s'était évadé d'un hôpital psychiatrique, et qui, quelques instants plutôt, venait d'agresser au cutter deux de ses camarades. Ces derniers ont d'ailleurs été grièvement blessés. Cette intervention courageuse lui a valu les félicitations du maire de sa commune comme de ses supérieurs au sein du 8e RPIMa, qu'il a intégré voilà deux ans maintenant.
Pour parvenir à bloquer au sol l'agresseur psychopathe, Mathurin a eu recours autant à des techniques intégrées lors de ses formations au sein du régiment castrais qu'à celles du judo, une discipline qu'il pratique à un excellent niveau.
Des cicatrices à vie
Mathurin raconte cette soirée qui l'aura marqué pour toujours : «J'étais en permission, chez moi à Avranches. Un mardi soir, j'ai été invité à une soirée dans un bar de la ville pour fêter l'anniversaire d'un ami. Alors que j'étais à l'intérieur, d'un coup j'ai entendu des cris des cris de terreur ! Je sors et, immédiatement, je vois deux amis au sol dans une véritable mare de sang. Rapidement, avec d'autres, j'apprends qu'un gars les a agressés sans raison avec un cutter. Des témoins indiquent quelle direction l'agresseur a pris. Un groupe se met à sa recherche. Lorsqu'il arrive à sa hauteur, tout le monde se fige ! Le type nous faisait face avec son cutter tendu en avant !»
Mathurin fait ni une ni deux, il saute sur l'homme. «Je n'ai pas vraiment réfléchi, précise-t-il. Je lui ai saisi le bras ; j'ai fait tomber le cutter, puis j'ai pratiqué une clé ; enfin, je l'ai mis au sol et immobilisé. Des policiers sont ensuite arrivés très rapidement.»
Pourtant, l'agresseur, un solide gaillard d'une trentaine d'années, se trouvait dans un état d'excitation extrême. «Je venais de voir mes amis ensanglantés ; jamais je n'avais vu autant de sang. J'ai pensé à ce qui pouvait arriver si on le laissait continuer son chemin. Face à lui je n'ai plus vraiment pensé. C'était plus un réflexe d'autodéfense.» Effectivement, les amis de Mathurin ont subi des blessures impressionnantes et d'une grande ampleur, aux torses et aux bras, voire, pour un, au visage. «Ils porteront des cicatrices à vie», commente, désolé, Mathurin.
Sans sa prompte intervention, ce sont toutefois des vies qui auraient pu être ôtées.

